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Reconvilier

En marche avec les anciens

De retour dans son village, l’ancien député-maire Claude-Alain Voiblet a remis sur pied la sortie initiée sous son règne et réunissant anciens et actuels élus municipaux. Une totale réussite.

A l’heure de se mettre en marche pour la balade qui les mènera à la Tour de Moron et au fumoir de Champoz. Photo:Stéphane Gerber

par Pierre-Alain Brenzikofer

En renouant avec la tradition qu’il avait instaurée il y a fort longtemps, le précité n’a pas manqué son coup. A prendre acte du sourire de tous les convives, comment ne pas admettre que d’éventuelles rancunes et rivalités ont bien vite cédé le pas à la bonne humeur, la camaraderie et la convivialité? Vendredi, donc, une petite vingtaine d’élus, anciens et actuels, avaient répondu à l’appel. Pour l’observateur extérieur, que de surprises et de rencontres.
En plus de l’organisateur de la journée, deux autres anciens maires, Daniel Schaer et Francis Ermatinger, Daniel Buchser, l’actuel. Et même un autre, tant il est vrai que le tout nouveau secrétaire municipal, Marc-André Léchot, est encore maire... d’Orvin jusqu’à la fin de l’année. Sûr qu’il a pu parfaire son apprentissage vendredi!
En tout cas, Daniel Schaer et Francis Ermatinger sont encore en pleine forme. Le premier poursuit ses raids humanitaires en Roumanie, tandis que le second, à plus de 90 ans, possède encore son humour caustique. Membre du Parti socialiste devenu syndicaliste – «ça payait plus que la mairie» –, il dirigeait Reconvilier il y a 55 ans. Une époque où le Conseil comptait cinq socialistes sur six! Forcément, il a retrouvé avec plaisir l’ancien conseiller municipal Thierry Kneuss, un autre syndicaliste. Ils n’étaient pas trop de deux pour affronter les piques de la droite. «Il faut toujours discuter et écouter les anciens. On peut toujours apprendre à leur contact, jure Claude-Alain Voiblet. C’est fondamental en politique.»

Citoyens d’honneur
Francis Ermatinger s’est souvenu que le précité lui avait conféré la citoyenneté d’honneur de Reconvilier, ainsi qu’à Evelyne Kurth, Henri-Louis Favre, Marie-Lise Bangerter et Daniel Schaer:«Je tiens à le remercier. A Reconvilier, il a toujours fait le bien.»
Si quelqu’un était accouru de loin vendredi, c’est Hubert Boillat. On le connaissait surtout comme conseiller municipal et député de Tramelan. Il a bel et bien passé son enfance à Reconvilier, où il a enseigné et effectué quelques piges pour LeJdJ: «Je vis actuellement en Alsace, mais je paye mes impôts à Tramelan.» Une précision d’importance. Les gens sont si méchants... A Reconvilier, on en avait fait un secrétaire des assemblées. Et en route pour la bergerie de Loveresse.
Sur place, le sergent Germain Beucler, ancien secrétaire des assemblées, lui aussi, nous apprend avec fierté que lui et Reconvilier sont à l’honneur dans le mensuel «Notre armée de milice». Deux pleines pages, excusez du peu. A l’heure des présentations, Daniel Schaer rappelle avec fierté qu’il habite Chaindon: «On a du potentiel, dans ce hameau!» Forcément, il pense à Claude-Alain et Marc Voiblet, qui ne le contredisent évidemment pas.

Orphelin de la Foire
Ervin Grünenwald, lui, a quand même le regard un peu triste. Ce vendredi, il aurait dû régler les derniers détails de la Foire de Chaindon, prévue aujourd’hui. Maudit virus! Le député Tom Gerber se souvient d’un règne marqué par les événements tragiques de la Boillat. Claude-Alain Voiblet se rappelle que, tout jeune, il avait été entraîné dans l’aventure politique par Daniel Schaer. Evoquant son aventure vaudoise, il ne pensait pas y faire de la politique. «Mais j’ai été rameuté par le conseiller national Jean Fattebert, moi, un UDC de village. Reste que cette expérience-là m’a servi.»
La suite, on la connaît. N’est-il pas devenu le premier agrarien à présider le législatif de Lausanne? «Au moins, 30 socialistes ont voté pour moi.» «Tu les avais bien payés!» lui lance Francis Ermatinger.
Bon, il est temps de se mettre en route pour la Tour de Mouron. En chemin, on hèle la petite troupe depuis un chalet. C’est Ulrich Röthlisberger, ancien maire de Saicourt. Sous ce soleil éclatant, il faut bien se désaltérer. Forcément, souvenirs et anecdotes jaillissent de partout. Et aussi ce regret: que certains municipaux actuels aient snobé la rencontre. «J’ai senti comme une animosité dans l’équipe, déplore l’organisateur. A mon époque, nous nous affrontions vivement. Mais après, nous allions tous boire un verre.»
Ce sera pour l’année prochaine!

Et soudain, la tour
Soudain, on aperçoit la tour dans toute sa splendeur. La plus belle vue sur les Alpes. Deux de ses piliers attendent les visiteurs. Allusion à Théo Geiser et Henri Simon. Le troisième et ancien maire de Malleray, Toni Bernasconi, est hélas décédé. Même pour des régionaux et des voisins proches, les explications des deux précités sont fascinantes. Quel défi! On apprend notamment qu’il est question d’ériger un abri pour les visiteurs, toujours avec des apprentis et le soutien de Mario Bottat, architecte de la tour. «Nous avons fait un parcours exceptionnel avec 750 jeunes», se souvient le maçon Marc Voiblet.
Ce qui est sûr, c’est qu’on a parcouru une partie de ce fameux Chemin de l’Europe que Claude-Alain Voiblet, Jean-Michel Blanchard et Toni Bernasconi avaient suggéré de créer de Bellelay à Champoz, avec moult panneaux explicatifs de chaque pays membre. De quoi se faire exclure de l’UDC?
Le temps de lever son verre à la santé de Reconvilier, et il est temps de rallier la dernière étape, le Fumoir de Champoz, pour un repas bien mérité.
Une balade en compagnie de personnes authentiques: quel bol d’air frais!

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