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Hockey sur glace

«J’aime le rôle défensif que l’on me donne»

Au HC Bienne, Etienne Froidevaux se retrouve dans la même position que celle qu’il avait quittée à Lausanne, soit centre du quatrième bloc, mais ça ne dérange pas ce joueur qui pense surtout à l’équipe.

Pour la première fois de la saison, Etienne Froidevaux (à droite, au duel avec le Davosien Sven Jung) aura un rôle moins défensif ce samedi soir.

par Sélim Biedermann


Etienne Froidevaux monte en grade. Ce samedi soir, il aura pour lourde mission de transpercer les lignes du champion de Suisse en titre en compagnie de Toni Rajala sur sa gauche et Michael Hügli à droite, dans l’un des deux premiers trios d’attaque du HCBienne. «De temps en temps, je peux aussi créer davantage de choses offensivement. Et j’espère profiter de ce match contre Zoug pour le démontrer», lance le centre de 32ans.

Il n’en demeure pas moins lucide quant à la suite du championnat, lorsque l’infirmerie seelandaise se videra de ses cadres –en premier lieu les centres Gaëtan Haas et Jere Sallinen– et où sa fonction première sera de nouveau de contrecarrer les schémas des joueurs qui s’opposent à lui et ses coéquipiers. «Ma situation évolue pour ce week-end. Après deux défaites de rang, le but est de changer un petit quelque chose dans notre alignement. Mon expérience peut s’avérer profitable dans ces moments-là», glisse Froidevaux. «Toutefois, je ne vois pas Antti Törmänen bouleverser ses plans pour le reste de la saison.»

Motivation inébranlable
Le technicien finlandais avait d’ailleurs choisi de maintenir l’ancien Lausannois au cœur du quatrième bloc mardi dernier à Ambri-Piotta. Quitte à placer des «gamins» –Elvis Schläpfer, Roman Karaffa et Ramon Tanner–, entendez par-là des joueurs qui sont encore loin de posséder son riche vécu de 759matches en National League, au centre des trois premières triplettes offensives. Mais force est de constater que ce jour-ci, rien n’a fonctionné comme espéré...

Rester alors cantonné dans la position qu’il occupe depuis le début de l’exercice en pareille circonstance n’est-il pas tout de même un peu vexant? Froidevaux coupe court à cette supposition, qui paraît pourtant couler de source: «J’ai une totale confiance en notre coach, j’aime comment il procède avec son équipe. Pas une seule personne dans ce vestiaire ne se demande pourquoi il prend telle ou telle décision. On est un bon groupe, qui a du succès jusqu’à présent cette saison. Au final, que l’on se retrouve dans une ligne ou dans une autre, ça n’influe pas sur notre motivation», assure le natif de Bienne, qui a été formé dans le mouvement juniors du grand voisin, le CPBerne, avant d’y évoluer durant cinq ans puis de rejoindre Langnau l’espace d’une année.

Côté motivation, dans son cas, celle-ci est remontée en flèche cet été, après avoir passé le quart de sa vie sur les bords du Léman. «Je suis très content! Ça me fait plaisir de jouer pour le HCBienne et aussi du bien d’être revenu dans la région après être resté huit ans dans le canton de Vaud», avoue volontiers l’attaquant, qui a même vu son maillot du LausanneHC estampillé du«C» du capitaine en2018/19 et2019/20. Il ajoute: «Ici, le club, l’équipe et surtout la philosophie d’Antti me plaisent énormément. Le but de notre entraîneur est d’utiliser tout le monde en donnant des responsabilités à chacun. Nous nous sentons par conséquent tous bien.»

Et Froidevaux se révèle bien utile pour encadrer ses juvéniles partenaires au sein d’une quatrième ligne qu’il parvient à l’évidence à stabiliser. «J’aime le rôle défensif que l’on me donne, dans lequel il s’agit d’amener de l’énergie et de soutenir les jeunes. Qui apportent un vent de fraîcheur et effectuent un super boulot, alors que ce n’est pas facile de composer avec tous nos blessés.»

Comme Martin Steinegger
Le champion de Suisse2010, titre décroché avec le SCB, n’hésite pas à prodiguer des conseils avisés. «Je suis un gars facile, sympa avec tout le monde, qui travaille fort. J’essaie ainsi, avec les valeurs qui sont les miennes, d’être un exemple», explique-t-il en introduction d’un souvenir qui l’a marqué. «Quand j’avais17 ou 18ans, à Berne, il y avait des gars qui veillaient sur nous, les jeunes.» Comme un certain Martin Steinegger, alors capitaine. «Dès le premier jour, il a rigolé avec moi et m’a montré comment faire certaines choses. Cela crée tout de suite une bonne osmose dans le vestiaire.»

C’est donc sans regret que Froidevaux a délaissé son job lausannois avant tout défensif pour un job seelandais identique. Même si, histoire d’en remettre une couche, il devait espérer obtenir enfin un rôle plus en vue... «Non, non, non», assure dans un sourire significatif celui qui ne compte que deux assists en 10matches. «C’est le succès de l’équipe qui prime. Et j’ai quand même vécu des dernières saisons un peu difficiles, il était clair que je voulais quelque chose de nouveau. Maintenant, je prends tout ce qui arrive en essayant de répondre d’une manière positive.»

Ce qui fait de Froidevaux un renfort certes peu prolifique mais précieux.

 

Toujours pas trace d’un cinquième étranger

La blessure à une main de Jere Sallinen, soit une fracture du métacarpien survenue voici une semaine lors de la réception de Langnau, risque d’accélérer l’engagement d’un cinquième mercenaire. Mais ceci n’est pas aussi simple que cela. Bien que l’attaquant finlandais restera indisponible jusque vers fin novembre, Martin Steinegger n’entend pas pour autant précipiter le mouvement. «Je ne vais pas engager un joueur étranger dans l’urgence juste pour faire le nombre», coupe le directeur sportif du HCBienne. «Nous devons être convaincus que celui-ci pourra vraiment nous aider.»

Etant donné que les camps d’entraînement n’ont pas encore touché à leur fin en NHL, et donc que les joueurs évoluant en Amérique du Nord font encore partie prenante de leurs organisations respectives, il n’y a rien à signaler sur le marché de ce côté-ci de l’Atlantique. En revanche, en KHL, les premières réductions d’effectifs commencent en général en octobre. Mais là également, Steinegger n’a pas pour intention de se ruer sur la première possibilité venue. Il attend de trouver un élément ayant le profil recherché. «Il est possible que nous soyons déjà fixés la semaine prochaine, mais je ne parierais toutefois pas là-dessus», glisse le dirigeant biennois.

Pour rappel, avec le départ cet été du défenseur seelandais Janis Moser pour les Arizona Coyotes en NHL, le HCB aurait même tout loisir d’aligner cinq «importés» cette saison... «Bien sûr, l’idéal serait de pouvoir signer immédiatement deux étrangers, l’un en remplacement temporaire de Sallinen et l’autre jusqu’à la fin du championnat», sourit Steinegger. «Mais c’est un vœu pieux.» Avant d’envisager éventuellement la venue d’un sixième étranger, il n’y a en tout cas toujours pas trace d’un cinquième. Mais jusqu’à quand?

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